Rapports moral, d'activité et de gestion

 

RAPPORT MORAL 2015

L’année 2015 s’est achevée sur un bilan d’activité que les fondateurs de notre banque n’auraient sans doute jamais osé imaginer.

Près de 2 400 tonnes de denrées réceptionnées, triées, redistribuées, telle est la réalité de l’action de notre BA pour cette dernière année.

Il faut bien le dire, jamais nous n’aurions cru cela possible.

Et pourtant la mobilisation constante de nos 220 bénévoles épaulés par nos salariés a permis d’en arriver là.

Le rapport d’activité vous détaillera l’ensemble des éléments de ce résultat mais je veux d’ores et déjà mettre l’accent sur certains points.

Avant tout, je tiens à rappeler quelques éléments sur nos moyens.

Sur les moyens humains tout d’abord. Nous avons accru d’environ 10 % le nombre de nos bénévoles, ce qui est facilité par notre implantation territoriale sur quatre sites qui permet à un maximum de volontaires de s’engager auprès de nous dans un esprit de proximité. Mais, si nous avons de plus en plus de bras, il nous en manque toujours  pour conduire, réceptionner, préparer les commandes, mais aussi pour permettre à notre action de prendre tout son sens. Comptable, administratif, responsable hygiène et sécurité alimentaire, chargé de contact avec les établissements scolaires, chargé d’animation réseau, autant de tâches pour lesquelles nous avons besoin de vous et je profite de cette assemblée générale pour lancer un appel en ce sens. Et je n’oublie pas ici le besoin de bénévoles qui se manifeste aussi dans certaines des associations avec qui nous travaillons en partenariat.

Il faut aussi le dire, l’accroissement de notre activité ne se fait pas sans que cela interroge nos bénévoles. Cet accroissement entraine une spécialisation accrue des activités et il est parfois difficile pour ceux qui ont connu une BA plus petite, avec moins de monde et où l’activité de chacun pouvait être plus diversifiée de se retrouver dans la relativement « grosse machine » qu’est devenue la BA.

C’est pourquoi je tiens à réaffirmer ici que notre volonté commune est de continuer à être une association dont l’activité repose sur les bénévoles qui la composent et la font vivre.

Nous entendons n’avoir recours à du personnel salarié que pour certaines tâches précises en nombre limité.

Par contre, nous entendons aussi jouer notre rôle en matière d’insertion et c’est pourquoi nous continuerons à mettre en œuvre tant des emplois d’insertion que des « services civiques ». Mais il s’agit bien là d’une action sociale de la BA et non pas d’une substitution d’activités rémunérées à la place d’activités bénévoles.

Sur les moyens matériels ensuite. Si nous avons accru le tonnage de denrées traité, cela est dû principalement à l’extension de la ramasse quotidienne auprès des grandes et moyennes surfaces alimentaires. Mais, pour cela, nous avons dû accroitre le kilométrage parcouru par nos camions, aujourd’hui au nombre de dix. Et là, j’en appelle aux collectivités publiques pour leur dire qu’une aide à l’investissement ne suffit pas. Il ne sert à rien de financer l’achat de véhicules si nous ne pouvons mettre du carburant pour les faire rouler. Et, toute l’activité de la banque alimentaire repose sur cette ramasse.

La loi du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire ne pourra produire pleinement ses effets que si les opérateurs associatifs tels que les Banques Alimentaires sont en capacité de jouer leur rôle dans ce domaine.

Pour faire face à ce double défi de lutte contre le gaspillage et contre la précarité alimentaire, nous avons aussi choisi d’équiper nos sites de locaux permettant de mener notre action dans les meilleures conditions d’efficacité et dans le strict respect des règles d’hygiène alimentaire.

Après la mise en service de l’antenne de Vesoul, c’est Pontarlier qui voit cette année, notre équipe locale disposer enfin de locaux lui permettant d’assurer toutes les missions d’une antenne de notre banque. Nous inaugurerons ces locaux dans trois semaines.

Sur un autre plan, nous avons toujours eu le souci de considérer la banque alimentaire comme un outil de mutualisation au service des associations de distribution d’aide alimentaire. C’est pourquoi nous avons essayé de multiplier les réunions géographiques ou thématiques avec les associations ou CCAS afin de pouvoir échanger nos informations et, par une amélioration de l’écoute réciproque, améliorer notre fonctionnement commun. Nous devrons poursuivre dans cette voie en 2016 en renforçant aussi le rôle de nos chargés d’animation réseau.

Dans ce même esprit de mutualisation, nous nous réjouissons de la collaboration engagée sur plusieurs sites avec nos amis des restaurants du cœur.

Nous sommes aussi très fortement attachés au principe d’équité territoriale. Si nous constatons  que l’aide alimentaire est maintenant bien déployée sur les centres urbains, il reste beaucoup à faire pour que le milieu rural bénéficie des mêmes interventions. Nous sommes prêts à appuyer toute action en ce sens à partir de nos quatre sites.

Voilà, après une année riche en activités et aussi en résultats nous sommes prêts à entamer de nouvelles évolutions afin d’apporter toute notre énergie, toute notre organisation, tous nos moyens, toute notre expérience de travail en partenariat, à la lutte contre le gaspillage alimentaire et à la précarité alimentaire.

A vous tous qui êtes concernés par ces problèmes, je tiens à vous dire que vous pouvez compter sur nous.

 le Président,

Claude KOESLER